L'apocalypse
Par Tite-Kiwi le mercredi, 10 mars 2010, 17:47 - La vie d'une blonde - Lien permanent
J'ai survécu à la fin du monde. Et oui, rien que ça.
Vous n'êtes pas sans savoir qu'il y a eu de nombreuses chutes de neige en France ces derniers jours. Je n'y ai pas échappé, bien au contraire.
Je ne suis pas très douée pour estimer une quantité, mais je dirai qu'il y avait au moins trente centimètres de neige.
Tout a commencé lundi dans la matinée. Au début il neigeottait, puis, petit à petit, les flocons grossissaient. Il a neigé sans s'arrêter une seule minute toute la journée.
Etant dans un petit coin paumé entre la mer et les montagnes, nous avons eu droit à la coupure internet, coupure de réseau de téléphone portable et coupure d'électricité. Nous avons apparemment été branchés sur le générateur de secours jusqu'à 3h du matin, dans la nuit de lundi à mardi.
Les routes étant assez dangereuses par ici à cause des virages, personne n'avait quitté le travail lundi après-midi car nous savions que personne n'allait venir remplacer.
Au final la circulation a été coupée jusqu'à hier dans l'après-midi, et encore, hier les routes étaient parfois difficilement praticable, et seulement pour aller jusqu'aux villages voisin (cerbère et banyuls), le reste étant inaccessible.
Tout le personnel du centre a donc été obligé de dormir sur place, ce qui représente énormément de monde: kinés, ergos, personnel administratif, médecins, infirmiers, aides-soignants, agents d'entretien, agents de restauration, pharmacien, stagiaires, directeur...
Bien sûr, pour arranger les choses, les lignes fixes étaient coupées et nous avions seulement une ligne d'"urgence" pour sortir de l'établissement. Beaucoup de personnes ont donc mis du temps avant d'avoir des nouvelles de leurs proches.
Mardi après-midi, la neige ayant fondu un peu, les routes étaient praticables avec les chaînes mais le directeur a refusé que le personnel soignant quitte l'établissement (réquisition). Seuls ceux qui habitaient juste à côté et qui étaient sûrs de pouvoir revenir ont eu l'autorisation.
Certains kinés et ergothérapeutes qui n'avaient pas de chaînes sont même rentrés à pied jusqu'à Banyuls (environ 1h30 de marche).
Aujourd'hui il y avait du verglas mais les routes sont redevenues quasiment entièrement praticables dans la matinée. Il faut dire qu'après avoir dégagé les voitures des accotements, ils ont pu passer saler les routes.
Ce qui m'a vraiment surprise, c'est que c'est la première fois que je me retrouve bloquée quelque part à cause de la neige. Habituellement on arrive toujours à circuler plus ou moins facilement et les chasse-neiges passent régulièrement déblayer et saler.
Dans la région très peu de chasse-neige et aucun n'est venu jusqu'au centre. On était coupés du monde. Les seules personnes que l'on ait vu lundi ce sont les pompiers qui sont passés dans la soirée, voir comment ça se passait.
Et surtout c'est très impressionnant de n'avoir aucun contact avec l'extérieur.
Pour le travail nous avons donc été obligés de nous organiser en faisant des relais de quelques heures... Certains de mes collègues avaient travaillé ce week-end en dix heures. Ils ont donc enchaîné sur le lundi matin puis la nuit de lundi à mardi en relais, un peu le mardi matin et enfin toute la matinée aujourd'hui jusqu'à ce que la relève arrive vers 12h. Autant dire qu'ils étaient lessivés. D'autant plus qu'ils n'ont pas beaucoup dormi. Une de mes collègues qui n'arrivait absolument pas à dormir au centre, a dû dormir au maximum 6h depuis le lundi matin.
En tout cas tout est bien qui finit bien mis à part que le réseau de téléphone portable est toujours hors service...
Heureusement, il paraît qu'il n'avait pas neigé autant depuis les années 80. Quand on voit la pagaille que c'est quand il neige ici, on est soulagé.
Au final, nous avons été mis en hibernation pendant deux jours seulement, ça aurait pu être pire s'il avait neigé plus d'une journée 
Et comble de l'ironie, la télé ne marchant pas lundi soir, ils ont projeté un film pour nous occuper. Le film ? 2012.
Approprié n'est-ce pas ?
PS: Je préfère tout de même ma situation à celle des pauvres voyageurs coincés dans le train toute la nuit. Ca n'a pas dû être facile pour eux...
Commentaires
Ca a failli m'arriver dans mon ancienne boîte, lorsqu'il avait neigé au moins 30cm. Plus aucun bus ne circulait sur la ligne 74, et on a failli coucher au service info. Heureusement, vers 20h, ça s'était dégagé, et une collègue a pu me ramener !
Oui je me rappelle, c'était au mois de décembre je crois, car moi j'étais en vacances...